Le Saint-Bernard : qui est-il ?

Une tête volumineuse et ridée, un museau court orné d’une large truffe noire, des babines bien développées et légèrement pendantes, des oreilles attachées haut et retombant à plat contre la tête, donnent à ce géant des montagnes un air débonnaire. Ses petits yeux, aux paupières naturellement tombantes, dégagent une expression douce, parfois un peu triste. Un dos large au rein musclé, un cou très fort et garni d’un fanon et des membres solides en font l’un des chiens les plus imposants.

Taille : mâle : au moins 70 cm femelle : au moins 65 cm.

Poids : de 55 à 90 kg.

Poil : le poil d’origine du Saint-Bernard est très dense, court et lisse. Vers 1820, la race fortement menacée de consanguinité est croisée avec du Landseer. Ce croisement est à l’origine de la variété à poil long.

Couleur : blanc et rouge (ou jaune-brun) en proportions variables. Le rouge peut former un manteau jusqu’aux épaules et aux cuisses ou des plaques bien délimitées sur un fond blanc. Deux taches sombres, séparées par une bande blanche, englobent toujours les oreilles et les yeux (« masque noir »).

Caractère et aptitudes

Bien qu’il ne soit plus utilisé pour le sauvetage en montagne, il n’en est pas moins un excellent chien de compagnie. Sociable, tranquille, réfléchi, il est d’un dévouement sans bornes pour son maître et sa famille. D’un caractère toujours gai et espiègle, il est un peu cabochard, mais d’une remarquable intelligence. Malgré sa taille imposante, il fait preuve d’une grande douceur et de beaucoup de patience avec les enfants.

Peu agressif, il est néanmoins un chien de garde très dissuasif. Le mâle est dominant et il vaut mieux éviter les rencontres avec d’autres chiens.

 

Entretien et conseils

La fourrure nécessite un brossage fréquent et énergique surtout s’il s’agit d’un « poil long ». La variété à poil court demande moins d’entretien et la neige colle moins facilement à sa robe. Le Saint-Bernard grandit très rapidement. Il faut donc veiller à une alimentation abondante et équilibrée. Sa taille et son tempérament exigent beaucoup d’espace et d’exercice. Il s’adapte mal au chenil et ne supporte pas l’attache.

Histoire

Le Saint-Bernard descend probablement des Dogues du Tibet et serait issu des Molosses qui accompagnaient les armées romaines. Son histoire reste cependant étroitement liée à l’hospice du Grand Saint-Bernard dans les Alpes suisses. On y trouve une première représentation de la race sur une peinture de 1695.

Ces puissants chiens gardaient le couvent et étaient utilisés pour divers travaux domestiques : aides-cuisiniers, ils faisaient tourner la broche à viande ; chiens de bât, ils descendaient à l’alpage chercher du beurre et du lait qu’on installait sur leur dos dans deux vases fermés. A la mauvaise saison, ils aidaient les voyageurs à passer le col entre la Suisse et l’Italie en traçant une piste à la façon d’un chasse-neige.  Reconnus pour leurs extraordinaires qualités d’endurance et de ténacité, pourvus d’un excellent odorat, leur carrière de sauveteur débuta en 1750. Accompagnés de moines ou de valets, ils retrouvaient les promeneurs égarés dans les tempêtes de neige ou ensevelis sous les avalanches. On suppose qu’au cours des siècles quelques 4 000 personnes furent sauvées par ou avec l’aide des chiens. Mais le tonnelet rempli d’eau-de-vie accroché à son cou n’est qu’une légende !

Barry, le célèbre Saint-Bernard, réussit à sauver 40 personnes de la mort au cours de sa longue carrière en montagne. La légende veut qu’il soit mort sous les coups de piolet d’un voyageur blessé et affolé à sa vue. En réalité, il mourut tranquillement, en 1814, à l’âge de 14 ans. De nos jours, les visiteurs peuvent le voir au Museum d’histoire naturelle à Berne, où sa dépouille naturalisée a été remplacée par un moulage d’après nature. Le nom Barry vient de Bari, diminutif de « Bar » qui signifie ours en patois. Il est vrai que son corps volumineux recouvert d’une épaisse toison rappelle l’aspect du plantigrade.