Les maladies du chien

L’épilepsie

Les causes de l’épilepsie sont multiples. La forme la plus commune est héréditaire. Les crises d’épilepsie débutent habituellement chez le «jeune adulte» et augmentent en fréquence avec les années. Dans la forme héréditaire, les crises sont associées à un mauvais fonctionnement d’une région précise du cerveau, sans pour autant être liées à une lésion spécifique.

Votre vétérinaire prescrira un anticonvulsivant (le phénobarbitol) pour prévenir les attaques. Cette forme d’épilepsie est malheureusement incurable, et votre saint-bernard devra prendre des médicaments pour le reste de sa vie.

Les attaques d’épilepsie sont imprévisibles: elles peuvent être fréquentes ou espacées par de longs intervalles. Elles sont causées par une peur soudaine ou par une excitation trop forte.

Les crises épileptiformes les plus courantes sont du type «grand mal»: le chien tombe sur le sol en agitant convulsivement les pattes («pédalage»), son cou se replie vers l’arrière, il bave abondamment, roule des yeux et sa gueule est pleine de bave; ses pupilles se dilatent et deviennent totalement insensibles à la lumière. Cela ne dure qu’une ou deux minutes, même si cela vous semble parfois interminable! Au cours d’une crise, n’essayez surtout pas de lui tirer sur la langue, car contrairement aux humains, les chiens ne l’avalent pas et vous risqueriez de vous faire mordre. En effet, durant la crise, votre chien est inconscient de ses gestes et peut vous mordre si vous mettez votre main dans sa gueule.

Ne confondez pas cette forme d’épilepsie avec l’épilepsie réflexe provoquée par des vers intestinaux ou par la constipation; celle-ci n’est pas dangereuse et disparaîtra avec sa cause. Votre vétérinaire vous aidera à la distinguer de l’autre forme.

Les autres causes de crises d’épilepsie sont moins fréquentes: citons les traumas, les infections (encéphalites), les empoisonnements, le cancer, etc. Le traitement et le pronostic de cette maladie varient selon la cause.

Faites attention aux «lignées» de chiens dont le pedigree n’est pas parfait: dans le doute, abstenez-vous.

La gastro-entérite canine

Une gastro-entérite se traduit par une inflammation de l’estomac (gastrite) et de l’intestin (entérite). Les causes sont diverses: citons les parasites intestinaux, les agents d’infection, les changements d’alimentation, etc.  La gastro-entérite se manifeste par des vomissements et/ou de la diarrhée. En pareil cas, il faut faire jeûner l’animal pendant 24 heures et lui donner des glaçons ou de l’eau fraîche en petites quantités. Par la suite, il faut le nourrir fréquemment, mais, encore une fois, en petites quantités, avec des aliments faciles à digérer tels que bœuf haché et riz bouilli et ce, pendant quelques jours. Par contre, si le problème persiste ou s’il semble très sérieux, n’hésitez pas à consulter le vétérinaire.

La bronchite

La bronchite peut s’attraper par temps humide ou froid. Elle peut aussi être la complication d’un rhume. Vous remarquerez un échauffement de la truffe, une respiration difficile, une toux sèche et des yeux rouges et larmoyants.

Vous laisserez votre compagnon se reposer dans un lieu à l’abri des changements de température et des courants d’air, tout en lui donnant des sirops balsamiques et antibiotiques (après avoir pris conseil de votre vétérinaire). Diminuez ses rations de nourriture. Au cours de sa convalescence, donnez-lui des aliments vitaminés et des fortifiants pour qu’il puisse rapidement se remettre sur patte et jouir de la vie.

La dysenterie

Si vous remarquez que votre chien a une diarrhée qui s’aggrave par des décharges liquides abondantes et des vomissements, il est sûrement atteint de dysenterie. Commencez par le faire jeûner pendant 24 heures. Adressez-vous au vétérinaire afin qu’il prescrive un régime destiné à chasser cette maladie.

L’obésité

L’obésité est un excédent de poids par rapport à la normale. À part dans le cas des animaux qui hibernent, tels les mammifères aquatiques, l’accumulation de graisse est toujours mauvaise et malsaine pour l’organisme. Deux chercheurs britanniques, Edney et Smith, ont proposé en 1986 une classification de la corpulence chez les chiens :

Maigre: poids insuffisant, pas de graisse visible.

Mince: peu de graisse visible, structure du squelette apparente.

Optimum : présence normale de graisse; on peut palper les côtes mais on ne peut les voir; c’est dans cette catégorie qu’il est bon de chercher le chien que vous désirez acquérir. Le critère n’est pas valable pour l’homme.

Gros: côtes non visibles quand le chien se déplace, difficilement palpables; poids légèrement supérieur à la normale.

Obèse : côtes non palpables; l’animal ne peut pas se mouvoir normalement et on peut saisir à pleines mains la graisse sous-cutanée.

Il faut retenir que l’obésité provient d’un manque d’exercice et d’un excès d’alimentation, ou d’une alimentation mal équilibrée.

La castration prédispose à l’obésité; les femelles castrées sont deux fois plus susceptibles de devenir obèses que les femelles non castrées. Les facteurs génétiques interviennent aussi, de même que la race: s’il y a peu de Fox-terriers, de Rottweilers et de Boxers obèses, le Basset hound, le Beagle et le Bulldog sont prédisposés à l’obésité.

Si, pour une raison ou pour une autre, votre Saint-Bernard a trop grossi, adressez-vous à votre vétérinaire qui établira un régime qui permettra à votre chien de redevenir le chien en pleine forme que vous aimez et que l’on vous enviera au cours de vos promenades…

Les rhumatismes

On connaît mal les raisons des affections rhumatismales qui frappent les articulations et les muscles.

Plusieurs théories sont avancées: elles pourraient être causées par un virus; elles pourraient également provenir des suites d’allergie ou d’uricémie. Les articulations du Saint-Bernard ne sont pas fragiles, mais vous devrez néanmoins les surveiller attentivement.

Étant donné que ce sont surtout les chiens adultes qui en sont atteints, on suppose que le mal est lié à l’âge ou au manque d’exercice. Les rhumatismes se logent surtout dans les muscles, le dos, les reins et le cou.

La tuberculose

La tuberculose peut toucher autant l’homme que le chien. Le chien pourra être contaminé s’il mange les restes de ses repas. Vous lui aurez certainement appris au cours du dressage à ne pas accepter de nourriture d’un étranger et à ne pas se nourrir de déchets dont il ne connaît pas la provenance.

La tuberculose est une maladie qui dure longtemps et qui devient souvent chronique. Le Saint-Bernard maigrira au fur et à mesure de la progression de la maladie: il perdra complètement l’appétit. Vous remarquerez une diminution considérable ou même la disparition totale de sa volonté. Sa température sera un peu plus élevée que la normale.

En général, vous ne vous adresserez au vétérinaire que lorsque les symptômes deviendront plus graves: une respiration saccadée et plus rapide, des muqueuses très pâles, un amaigrissement et de la fatigue.

Il existe deux formes de tuberculose. La tuberculose pulmonaire se caractérise par la toux, par un écoulement nasal de pus et par une pleurésie accompagnée de forte transpiration. La tuberculose abdominale se caractérise par un grossissement de la région du ventre, par de la diarrhée, par un épanchement de liquide aqueux dans les parois intérieures de l’abdomen et par un manque d’appétit.

Au début de la maladie, la température est d’environ 39,5°C; elle peut atteindre ensuite plus de 40°C. La tuberculose est difficilement détectable et peut aisément être confondue avec d’autres maladies du système gastro-intestinal.  Les indices les plus sûrs pour savoir si votre Saint-Bernard est atteint de tuberculose seront sa maigreur inhabituelle, l’apparition de cavités sur son crâne et la réduction de sa masse musculaire.

Pour vous assurer que votre chien est atteint de tuberculose, demandez à votre vétérinaire d’effectuer un examen microscopique qui, si tel est le cas, révélera la présence du bacille de Koch. Ce bacille peut être repéré dans les sécrétions nasales et dans le liquide péritonal. La guérison n’est jamais garantie; le traitement est long et difficile. Peut-être devrez-vous abréger les souffrances de
votre compagnon.

La constipation

Une alimentation mal équilibrée et le manque d’exercice peuvent constiper votre chien. Faites-lui prendre de l’huile de vaseline ou de l’huile d’olive, mais n’administrez pas de purges ou de laxatifs qui ne feraient qu’aggraver le mal en irritant la muqueuse intestinale.

Le tétanos

Le tétanos est dû au développement dans une plaie du bacille de Nicolaier. Cette maladie est plutôt rare chez les chiens, mais vous devrez vous méfier des plaies souillées de fumier, de terre ou d’autres éléments. Dans ce cas, faites faire une injection de sérum antitétanique. Vous pouvez d’ailleurs, pour être tout à fait rassuré, le faire vacciner par votre vétérinaire avec de l’anatoxine antitétanique, découverte par le bactériologiste Ramon.

Le diabète

Il y a deux sortes de diabète: le diabète melitus et le diabète insipide. Le diabète mélitus provient d’une grande perturbation du métabolisme du chien: en effet, son pancréas ralentit ou cesse complètement d’élaborer de l’insuline; au lieu de nourrir les tissus, le sucre est alors éliminé dans les urines. Votre chien pourra continuer à avoir de l’appétit mais s’affaiblira au fur et à mesure que la maladie évoluera. Il aura de plus en plus faim et soif. La quantité d’urine éliminée augmentera sensiblement. La peau deviendra sensible aux infections et aux lésions qui se cicatriseront plus lentement.

Votre vétérinaire prescrira des piqûres journalières d’insuline à dose variable selon la taille et le poids de l’animal. Évitez de lui donner des farineux et des aliments sucrés, quels qu’ils soient. Si vous ne traitez pas le diabète mélitus, votre chien entrera dans le coma diabétique qui précède la mort.

Le diabète insipide provient de lésions des centres nerveux ou des suites d’une autre maladie qui aura affaibli le chien. Son urine sera abondante et claire. Il maigrira progressivement et il n’arrivera jamais à étancher sa soif. Il s’affaiblira et connaîtra de longues périodes de somnolence. Votre vétérinaire lui prescrira des toniques et de petites doses de stéroïdes. Armez-vous de beaucoup de patience, le traitement sera long.

La nervosité excessive

Si votre chien ne dort plus, aboie continuellement et devient agressif tout en ayant l’air en bonne santé, vous devrez le faire soigner pour des troubles d’ordre psychologigue. Ces troubles peuvent survenir au cours d’un voyage, d’un déménagement ou lors de l’achat de votre Saint-Bernard. Administrez-lui un sédatif. Si les troubles dégénèrent en convulsions ou en crises nerveuses graves, adressez-vous sans tarder au vétérinaire.